lundi 22 juin 2009

Audrey Grégoire / Côte d'Ivoire

Bonjour tout le monde!!

Qu'est-ce qui m'en est arrivé comme aventures depuis la semaine dernière ! J'ai même failli rentrer au pays!!

Je commence!!

Le weekend dernier, avec 2 autres stagiares, nous sommes allées à Bongouanou avec un groupe de filles ivoiriennes pour rencontrer un homme appelé le "Parrain" pour promouvoir AIESEC, l'organisme avec lequel je suis venue ici. Il a énormément d'argent alors mes responsables voulaient qu'on lui parle d'AIESEC pour qu'il nous finance. Finalement, le samedi, nous avons assisté à une cérémonie pour la fête des mères et j'ai joué 3 petits matchs de football (soccer) pour l'équipe des "filles du parrain" et nous avons gagné! C'était vraiment comique parce que quand j'avais le ballon, le commentateur criait: " et c'est la blanche qui a le ballon!" C'était comique. Toutefois, trouvant tout le weekend un peu louche, les stagiaires et moi nous sommes rendues compte de ce qu'était vraiment le groupe de filles avec qui ont était… Et oui, vous avez du deviner ; des escortes! On s'était fait embarquer par mal! Mais elles ne nous ont rien demandé qui aurait pu faire de nous des escortes!! Heureusement!!

Toutefois, après avoir attendu 7 heures dimanche, nous sommes finalement reparties pour Abidjan, ma ville. Nous sommes arrivées extrêmement tard. Minuit. Nous étions fâchées d'avoir tant attendu, alors on voulait rentrer chez nous. Franzi l'allemande et moi, avons pris un taxi seules. Grosse erreur le soir à Abidjan.

Après qu’on ait déposé Franzi chez elle, j’allais arriver chez moi quand je me suis fais arrêter par des militaires. Afrique!

Ils m'ont demandé mes pièces d'identité, fait sortir du véhicule et m'ont bombardé de questions du genre : Ce que j'étais venue faire en Côte d'Ivoire. Ils m'ont alors dit qu'ils ne croyaient pas à mes histoires parce que je devais être une espionne canadienne venue espionner leurs installations militaires parce que j'avais une caméra avec moi la nuit. Ils m’ont même demandé ce que je pensais de l'arme nucléaire!! J'avais beau leur expliquer pourquoi je revenais aussi tard, ils ne voulaient rien entendre. À un moment, ils m'ont même dit que lorsqu'ils arrêtaient une blanche, la tradition était de la marier. Je leur si répondu que j'habitais ici depuis un mois et que je connaissais maintenant bien leurs traditions. Ils m'ont ensuite dit que puisqu'ils ne pouvaient pas m'identifier, j'allais rester avec eux toute la nuit. Je voulais appeler ma famille d'accueil ici mais ils ne me laissaient pas utiliser mon cellulaire. Finalement, je leur ai demandé combien ils voulaient et ils m'ont dit que je voulais les corrompre mais qu'ils allaient écouter le montant que je voulais leur donner. Au même moment, mon cellulaire sonne. Les militaires me laissent répondre. Sauvée!!!

Franc, un ivoirien, responsable dans AIESEC Côte d'Ivoire, m'appelle pour savoir je suis rendue où avec mon taxi. Je lui explique la situation et il me répond qu'il s'en vient.

Les militaires me demandent alors qui il est et me demandent de le rappeler et qu'ils vont lui parler. Finalement, ils parlent à Franc et lui disent qu'ils vont me laisser aller!

J'arrive finalement à la maison, stressée et en colère contre la Côte d'Ivoire. Je me demande dans quel pays j'ai décidé de venir…

Le matin, je parle avec ma maman d'ici et elle finit par réussir à me rassurer ; que tout va bien aller et que les militaires ne m'auraient pas attaqué, mais qu'ils voulaient un peu se moquer de moi et que puisque le pays n'est pas encore tout à fait stable politiquement, ils voient des espions partout, même parmi les ivoiriens. J'ai donc décidé de rester, mais j'ai remonté ma garde de prudence au niveau le plus élevé! Je ne me ferai plus prendre au dépourvu comme ça!!! J'ai donc décidé de poursuivre mon expérience en Côte d'Ivoire parce que je suis venue ici pour vivre une "Life Changing Experience"!!

Depuis, tout se passe bien à part que ce matin, pour arriver au travail, cela m'a pris 1 hr45 parce qu'il n’y avait plus d'électricité dans certains quartiers (dont le mien) à cause de pluies torrentielles des deux derniers jours. Donc plus de feux de circulation! Ce matin, j’avais de l'eau aux chevilles dans les rues!! C'est ça, l'Afrique! C’est un peu tout croche, mais on s'y attache quand même!!!

Malgré tout, je reste confiante que mon travail ici est apprécié et que je fais une différence dans la vie des gens.

Le papa de ma famille d'accueil m'a même dit que j’étais maintenant sa petite fille!!

Gros Bizous à tous!!!
Aud ou Sopi (mon nom ivoirien a changé parce que j'ai découvert que j'étais née un samedi alors qu'eux m’avait donné le nom du mardi!) Je suis donc maintenant Sopi!!!

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