dimanche 21 juin 2009

Geneviève Villeneuve-Patry / Côte d'Ivoire

Salut, on dit quoi?

Voici l’expression typiquement ivoirienne pour saluer quelqu’un et lui demander comment il va. Évidemment, la première fois que je l’ai entendu, j’ai dit : « Ben on dit salut ». On s’est bien foutu de ma gueule. Alors ça fait deux semaines que je suis en sol ivoirien et ça se passe bien. J’ai plein de choses à vous dire.

La famille. Elle est composée de maman. Elle est très gentille et elle m’apprend toute sorte de choses sur le pays, la culture et surtout sur la nourriture. Ensuite, il y a Inès (fille de maman). Je ne la côtoie pas beaucoup parce qu’elle est toujours au travail. Elle est sympa, mais un peu bête. La deuxième fille de maman s’appelle Diane. Elle est incroyable avec moi. Elle m’aide beaucoup et m’intègre très bien. La dernière fille de maman est Pépita. Elle est dans l’AIESEC, c’est pourquoi j’habite cette famille. Elle est plus jeune que moi, mais se comporte comme ma mère. Je m’entends très bien avec elle et une chance parce que je partage ma chambre avec. Finalement, il y a Auriane. C’est la fille d’Inès (voir début du paragraphe si blanc de mémoire). Elle a trois ans et c’est un petit monstre. Elle me fait rire et je joue pas mal avec. Bref, ma famille est géniale!

La maison est très bien. C’est tout petit, mais on s’en tire bien. Je n’aurais pas pensé toutefois que j’allais me laver avec un sceau d’eau tout l’été, mais ça se fait très bien. Il faut donc aller chercher l’eau à l’extérieur, dans de gros barils. Mais il y a quand même la télé avec TV5 Monde et l’autre fois c’était une émission avec Robert Charlebois…pas trop dépaysant.

La cour intérieure regroupe tous les locataires. C’est là, où les femmes lavent le linge, font la tséqué (c’est comme du couscous) et discutent entre elles. Il y a aussi un DJ qui met toute sorte de musique comme les Backstreet Boys. Les gens sont gentils, mais ils ne ma saluent pas si je ne leur dis pas bonjour la première. Et je ne parle pas des enfants, car ils pleurent quand je les regarde. Je crois que je suis trop blême. Le seul hic, c’est que les enfants crient et pleurent à 5h30 du matin. C’est fou, je n’ai jamais entendu autant d’enfants pleurer dans une journée et autant de mères crier.

Dans Abidjan, comme probablement toute bonne ville africaine, il règne un chaos constant. Les moyens de transport sont plutôt compliqués, mais je commence à m’orienter tranquillement. D’ailleurs, c’est pas trop recommandé de sortir le soir. Les militaires sont partout et ça complique pas mal les déplacements. Ce qui est frappant, c’est la saleté dans les rues. On ne peut pas s’y promener sans être choqué. C’est désolant à voir, car plusieurs personnes vivent sur des tas de déchets. Sur les bords des autoroutes, c’est très pauvre. On dirait des mini-bidonvilles. Ici, la végétation est luxuriante. Il y a des palmiers partout dans la ville, c’est très beau.

J’ai entendu dire qu’il pleuvait et qu’il faisait froid à Québec. Et bien ici, il fait chaud (très humide) et il pleut aussi. Je suis en pleine saison des pluies et ce n’est pas une petite pluie de chochotte. On non! C’est un mur de pluie. En plus, le toit coule chez moi et jeudi soir, je me suis rendue compte que ça coulait aussi sur tout mon lit. Ça devrait arrêter à la mi-juillet.

Vous serez fiers d’apprendre que ma digestion se porte bien. Bon c’est sûr que l’épisode du vomi derrière un pavillon de l’université devant plein d’étudiants peut contredire mes propos, mais je peux vous assurer que c’était la seule fois. La nourriture est très bonne, mais comme m’a dit Diane : « La nourriture ivoirienne est grasse et lourde ». À ces mots, j’ai cru que j’allais y laisser ma peau, mais pour le moment ça va. Les mets sont extrêmement pimentés. C’est pourquoi je me tape parfois une couple de Gaviscon après le souper.

Je fais mon stage à l’ONG Le Soutien.
Je crois que ça va être bien, mais il faut que je sois plus patiente parce que tout est lent. Les gens sont très sympathiques et il y a deux autres canadiennes avec moi. Le seul hic c’est que c’est un peu loin de chez moi donc s’il pleut ça prend beaucoup de temps me rendre.

Bref, ça se passe bien. Mais je dois dire que parfois c’est un peu difficile. Tout est tellement différent de ce que je connais. C’est comme s’il fallait que je reparte à zéro. Ce qui est bien c’est que les gens sont extrêmement chaleureux et accueillants, ça rend donc l’intégration plus facile. En plus, les femmes rient très fort alors je me sens dans mon élément! J’ai beaucoup de choses à dire, mais je vais arrêter le mail maintenant. Ce sera pour un prochain!

Je vous souhaite une belle fin de semaine à tous. Donnez-moi de vos nouvelles, c’est toujours un plaisir de savoir ce qui se passe à la maison!

Geneviève

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