Nous tenons à remercier très fortement Philippe pour sa contribution au blog des stagiaires. L'article ci-dessous a été tiré, avec autorisation, bien-sûr! , de son blog personnel dont l'adresse est la suivante:
http://partipourlhiver.blogspot.com/
Bon voyage!!
Bonsoir bonjour jamais,
J'espère que vous allez bien dans votre doux comfort occidental. En ce qui me concerne, je vais pas mal bien depuis environ aujourd'hui. J'ai été un peu pas mal malade culturellement, météorologiquement, alimentairement, intestinalement et puis au final pas tellement dans les derniers jours. Au point que je pensais plus souvent qu'autrement à mon retour ou à rien pentoute, mais aujourd'hui tout a changé.
Ne sautons pas les étapes sous prétexte que je suis de bonne humeur. Alors, mais où suis-je? Je réside présentement dans les bureaux du local d'AIESEC d'Hyderabad. En fait, c'est un mélange entre un bureau et un appartement pour les stagiaires. Le building est vraiment cool et pas trop propre, nos hôtes AIESECers osent même appeler ça une villa et je ne crois pas que je pourrais les contredire. Je suis arrivé ici tout de suite à après mon atterrissage. Suivant les coutumes locales, j'ai eu droit à mon Homestay, c'est-à-dire que j'ai été hébergé pour 24h par la famille de Dhruv, un de mes hôtes. Après une discussion assez formelle merci, j'ai finalement réalisé que mes hôtes étaient très gentils, qu'ils acceptaient que je mange de la main gauche et m'ont fait sentir bien chez-moi.
C'est plutôt quand je me suis installé ici à l'appartement que les choses se sont mises à tourner un peu triangle isocèle. J'ai d'abord accepté d'aller à un party, ce qui en soit était très cool, mais m'a privé de sommeil précieux. Ça a donc réveillé mon rhume de prédépart qui s'est très bien combiné à ma diarrhée de "bienvenue en Inde, fucker". Fièvre, caca, nausée, chaleur, lit spartiate, jetlag qui s'est mué en narcolepsie (c'est d'ailleurs rendu un genre de running gag: Hey Philippe! Are you sleepy?) Ce qui fait que dans les derniers jours, j'en menais pas large.
J'écris, je scribouille mais je ne réponds toujours pas à ma question: mais où suis-je? Présentement je suis dans ma chambre que je partage avec Allen et Alfredo, un Mexicain et un Péruvien respectivement. Juste évoquer leur présence me fait sourire parce qu'ils se sont fait fourrer solide. J'explique: les deux sont des wannabes biznissmen qui voulaient venir faire ici des stages en management, mais il semblerait qu'AIESEC Hyderabad soit parfois un peu sournois, ce que ses membres veulent le plus, c'est "matcher" du monde. Ce qui fait que mes deux comparses d'Ibéroamérique se sont ramassé avec des jobs minables où ils doivent faire de l'aide en ligne pour des caves qui jouent au bingo en ligne et qui sont unilingués cervantesquement.
Heureusement, mon bon Karma m'a semble-t-il sauvé de ce genre d'histoire drôle juste quand ça nous arrive pas à nous. Aujourd'hui, j'ai eu droit à ma première journée de boulot à l'école Orchids International. Je suis enchanté! C'est une relativement petite école, très chère selon les standards indiens et qui se targue d'avoir un excellent ratio prof-élève. Ce n'est pas faux; aujourd'hui on était deux profs pour... trois élèves! Il faut dire que c'est la première semaine et qu'il y a beaucoup d'absences, mais on ne devrait pas avoir plus que huit ou neufs élèves. Je dis nous parce qu'en fait, c'est pas vraiment moi le prof. Moi je suis là pour aider la vraie prof, ce qui fait bien mon affaire, ma collègue Suma est vraiment super et on s'entend déjà très bien. Ça me permet aussi d'éviter la grammaire plate et de railler les horribles manuels coloniaux utilisés par l'école et qui vomissent des éloges à la calisse de cinquième république. La première expression québéquienne (ça c'est la sienne) que j'ai apprise à Suma c'est: HOSTIES DE FRANÇAIS!
Pour rajouter à ma joie, j'ai appris qu'aujourd'hui c'était la première journée d'école tout court, ce qui fait que les finissants (10e année) que les profs étaient à l'école. D'ailleurs, environ le tiers de ceux-ci ont été engagé cette année, ce qui veut dire que j'assiste aux différentes formations pédagogiques au même titre que mes autres collègues. Ça aide à mon intégration et me sauve d'être "le p'tit stagiaire qu'on sait pas quoi faire avec mais y'a payé cher son billet d'avion fak on peut pas faire comme si y'était pas là". Et puis je vous disais que j'avais un bon karma; lorsque j'ai décidé que le 15 août serait ma dernière journée de stage, j'ignorait que c'était aussi la journée de la fête d'Indépendance de l'Inde. Ce qui veut dire que mon dernière souvenir de cette école sera une méga fête.
dimanche 21 juin 2009
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