Bien le bonjour,
Mon périple africain s’achève. Il me reste moins de deux semaines. L’été a passé encore une fois trop vite. Il me semble que j’ai plein de choses à conter. Donc pour faciliter ce trop plein d’idées, je vais diviser ma vie ivoirienne en chapitre.
Chapitre 1 L’hôpital ou plutôt le dispensaire
On ne me surnomme pas Felu pour rien, hein? Alors une première visite chez le médecin s’est imposée la semaine passée. Le couvercle d’un des deux barils d’eau m’est tombé sur le gros orteil. Évidemment, j’ai aspergé toute la cour intérieure de mon sang. Le lendemain, l’orteil était enflé et j’avais du mal à marcher je suis donc allée au dispensaire. Je suis restée un peu bête quand ma maman m’a donné un thermomètre. J’ai demandé pourquoi. Elle a dit que c’était plus hygiénique comme ça. Je me suis donc rendue à la clinique avec toute ma trousse de premiers soins, des médicaments et un thermomètre. Pépita, la fille d’AIESEC chez qui je vis m’a accompagnée. Mais en fait, c’est plus elle qui avait besoin de moi parce qu’elle a faillit faire au moins cinq chutes de pression. Elle est sortie deux fois dehors prendre l’air. Après un certain temps (ça été beaucoup plus rapide qu’au Québec, ça je vous le dit) un monsieur qui avait l’air de tout, sauf d’un infirmier (ce sont sûrement la casquette et la chemise déboutonnée qui m’ont fait hésiter) m’a fait un bandage. Il fallu que je fournisse le matériel médical (???). Après, il m’a dit que je devais revenir dans deux jours pour vérifier l’état de mon ongle, car il se pourrait qu’on l’enlève. Euh…????. Hors de question que je laisse une partie de moi en Côte d’Ivoire. Je suis heureuse de vous annoncer que j’ai finalement tous mes morceaux. Prions maintenant pour ne pas que l’infection pogne dans la plaie!
Chapitre 2 Le Leader Price
Près de chez moi il y a un supermarché où je peux trouver vraiment de tout. D’ailleurs, à chaque fois que je vais y faire un tour, je suis certaine de voir des Blancs. C’est donc une épicerie où seuls les riches Ivoiriens vont. Voici quelques faits cocasses :
-Ce n’est pas rare que je me fasse suivre par des enfants, biscuits à la main, qui me supplient de les acheter pour eux.
-En Côte d’Ivoire, tout se paie avec la monnaie. Pas de carte de guichet et encore moins de crédit. Mais étrangement quand on arrive à la caisse ils n’ont jamais le change. C’est toujours une épreuve incroyable d’avoir la monnaie et pourtant tout le monde paye de cette façon. Alors quand ils n’ont pas le change, ils donnent des bonbons pour compenser. J’aime assez l’idée…
-ll y a au moins 6 gardiens de sécurité qui aident les gens à se stationner en leur indiquant s’il faut tourner vers la droite ou vers la gauche. Ils mêlent plus souvent qu’autrement les conducteurs. Évidemment, il y en a 4 qui ne font que regarder leurs collègues travailler.
-Pour le moment, j’ai succombé une seule fois au Nutella et c’était en voyage.
-La semaine passée, ils avaient emménagé une étagère spéciale pour le ramadan. C’était genre : Kit pour un ramadan réussi. Chaque paquet contenait un sac de riz, un sac de pâtes et autre chose. Très drôle!
-Même si les yaourts sont regroupés en paquet de quatre comme au Québec, le prix indiqué est pour un seul yaourt. On peut donc acheter juste deux yaourts si l’on veut. Je trouvais que le yaourt n’était pas cher.
Chapitre 3 L’ONG
À mon stage, c’est la routine. Elle commence d’ailleurs à être de moins en moins palpitante, mais il se passe quand même des trucs drôles.
- Il y a un monsieur qui, après 8 semaines, vient d’apprendre mon nom. Depuis, il le répète 10 fois par jour.
-Il n’est pas rare que les gens piquent des petites siestes devant leur ordinateur.
-Ici, les toilettes sont dehors. Heureusement, le directeur insiste pour que les stagiaires utilisent la salle de bain qui se trouve dans son bureau.
-Les employés ne sont pas payés depuis 11 mois. Paraît-il que c’est pratique courante chez les ONG.
-La réunion du lundi matin peut durer 2 heures. Ça devient un peu long quand on ne fait que répéter le même point.
-Les gens utilisent seulement leur index quand ils écrivent à l’ordinateur…c’est long écrire un texte! Et il y en a un qui tape si fort que j’ai l’impression que tout le portable va exploser.
-Ils appellent le portable « la machine ». J’ai l’impression de vivre dans un monde préhistorique quand ils disent « est-ce que t’as amené ta machine? ».
-À 13h00, on entend l’appel de la prière. Il doit y avoir une mosquée pas très loin, mais je ne l’ai jamais vu.
Chapitre 4 La maison
-Il y a des souris dans le toit. Je les entends se battre la nuit. On peut les voir passer parce que le toit est fait en tôle et en bois. Et on a pas les mêmes souris qu’au Québec…elles ont davantage la taille d’un rat.
-Ici, Marina est très populaire. Marina est un soap mexicain dont Marc Labrèche s’est probablement inspiré pour faire le Cœur à ses raisons. Comme vous pouvez vous imaginer, c’est très mauvais. Mais les gens ici en sont fous. Et devenue une vraie ivoirienne, je l’écoute désormais assidûment haha! C’est pas ma faute, c’est ça qui joue sur l’heure du souper. (Audrey, Marina est rendue en prison pour protéger son fils Chewoui…ça brasse dans cabane parce qu’elle est dans la même cellule que l’ex-maîtresse de Ricardo. Il l’avait trompé avec la servante.)
-Il n’est pas rare que les enfants de la cour entre dans la maison sans avertir. Et ça me fait faire toujours un saut. Tu crois que t’es seul dans le salon, tu te retournes et vlan…un enfant qui te dévisage. Et ça arrive souvent que les gens de la cour se réunissent dans le salon par terre pour écouter Marina. Même qu’il y a des femmes qui regardent par la fenêtre. Je vous le dis que c’est populaire!
-La servante est partie pour un laps de temps indéterminé. Il paraît que ça arrive souvent. On doit donc se réorganiser. J’ai fait la vaisselle pour la première fois en deux mois et demie la semaine passée. J’ai aussi cuisiné à la manière africaine. Mais ça n’a pas été très concluant.
-Les enfants de la cour intérieure (dont un de deux ans) se promènent avec des couteaux dont la lame doit faire 15 centimètres. Pis nous on capote quand un jeune court avec des ciseaux.
Chapitre 5 La vie ivoirienne
- Les hommes pissent partout et tout le temps. D’ailleurs, il n’est pas rare de voir « Ne pas uriner ici » sur des murs de béton.
-Les déchets sont vraiment partout.
-Il n’y a pas une journée qui passe sans que je ne me fasse pas crier « La Blanche » dans la rue. Je sais que ce n’est pas raciste et qu’il n’y a aucune once de méchanceté dans ces propos, mais en toute sincérité, je ne m’y suis pas habituée en près de trois mois.
- J’ai toujours un fan club de taxis quand je marche dans la rue parce qu’ici, les Blancs n’utilisent pas vraiment les transports en commun.
Mon expérience en Côte d’Ivoire a été incroyable. Je suis fière de ce que j’ai accompli.
Je serai bientôt de retour au pays!
Geneviève
mercredi 19 août 2009
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