dimanche 26 avril 2009

Nathalie Lavallée / Cameroun

Semaine 11 et 12

Bonjour tout le monde!!

J’ai entendu à travers les bananiers et les manguiers que la neige vous quittait tranquillement ou elle est complètement fondue?  J'espère que quelqu'un m'a gardé un coco Cadbury!! Ma première année sans ce petit plaisir de Pâques. Je promets une bière, ou ce que vous voulez en échange du coco! Vous devrez me raconter ce que j'ai manqué durant mon absence. En fait, où sont rendus les Canadiens en séries? Go HABS Go!!

Au Cameroun la saison des pluies qui commence à prendre se faire sentir. Lorsqu’il pleut, il faut rester à l'intérieur. Le vent est si violent, la pluie si abondante, le tonnerre, les éclairs... La seule chose à faire c’est attendre. Parfois, il faut attendre des heures avant de mettre le nez dehors. Et parfois, il y a panne d`électricité et les activités sont annulés. Les gens ne quittent pas leur maison, alors on doit toujours être prêt à s’adapter à la condition climatique, moi la première. J'ai fait rire ma voisine en fin de semaine... Nous n’avons pas eu d’eau durant 4 jours, alors quand la tempête s`est abattue sur Buea samedi dernier, j'ai couru à l’extérieur avec 3 chaudières de plastique! Je voulais les remplir pour pouvoir me laver et faire ma lessive…4 jours sans douche, je ne cracherais pas sur l'eau tombé du ciel! Elle a tellement ri, elle m’a dit, « ma fille tu es vraiment une africaine!! » Je peux vous jurer que de se laver avec l’eau glacé de la pluie, ça réveille! Le malheur des uns fait le bonheur des autres... Durant mon voyage à Ekondo Titi ( je vous en parlerai un peu plus loin) la tempête s’ est abattue sur le petit village d'a peine 100 villageois… J'ai eu l'honneur d'assister à un spectacle plus que magnifique...! Je dirais magique. Les premières secondes de la tempête, c’était la course folle, les marchands fermaient boutiques, les villageois courraient pour se trouver un toit et les mamans rentraient les vêtements encore humides. Après 2 minutes, le village était désert, tous étaient à l'abri….mais non qu'est-ce que je vois? Des enfants par dizaines, garçons comme filles, nus comme des vers ou avec un seul caleçon, qui courent sous la pluie en chantant et en  s'amusant. Ils semblaient vraiment heureux sous cette pluie hyper froide à courir dans la boue, car les routes dans ce village sont en sable battu. Et vous c'est quand la dernière fois que vous avez joué sous la pluie?

Côté travail, je recommence seulement la semaine prochaine avec mes ateliers sur la prévention VIH /SIDA, c'est encore le congé de Pâques. Ça va se passer très vite, trois différents groupes par semaines dans trois écoles différentes. Je dois me trouver un petit projet personnel, car j'ai
en quelque sorte perdu ma place avec le département des orphelins. Lorsque je suis arrivée a Reach Out, on n`a demandé de choisir dans quel département je voulais travailler pour mon stage. J'avais choisi de travailler avec Vivian pour "Enfants Orphelins et Vulnérables", mais malheureusement elle a perdu son poste de travailleuse sociale, en raison de manque d'argent. Elle m`a confié que depuis 6 mois elle travaillait sans salaire et que maintenant, les orphelins n`ont plus personne pour s`occuper d'eux pour leur trouver soit une famille, soit leur offrir des livres scolaires, des vêtements, de la nourriture. Elle continuait à travailler pour les enfants, même sans salaire; elle voulait vraiment aider ces enfants. Désormais, le gouvernement a demandé a Vivian de quitter son poste, et ce, sans mettre a terme son projet.

C`est l’une des frustrations que je vis au Cameroun. Je constate, mais je n'y peux rien. Le sentiment d`impuissance est très présent dans ma vie quotidienne. Je dis l'une des frustrations, car j`en vis tous les jours. La vie n’est pas rose pour mes proches à Buéa. Trois de mes amis on eu la malaria, une amie très près de moi a fait une fausse couche, une s'est fait agresser et voler par un gang de rue armé, un ami qui se fait voler toutes les pieces de sa voiture et une autre amie a perdue son père d'une mort subite. Il n`y a pas une semaine, sans qu’un ami(e) vive un malheur dans sa vie, c'est frappant et à la fois déstabilisant. On dirait que la vie ne leur donne pas répit. Mais je suis contente d`être ici dans leur moments difficiles. Mes amis(es) sont des personnes importantes dans ma vie, des personnes qui demeurons dans ma vie et dans mon cœur pour le reste de mes jours. Je me sens privilégié  d'être en première rangée, car je suis la confidente de bien de mes amis(es), car la plus part des camerounais on une grande bouche et peu d'oreille. Mes amis me font confiance et j'essaie de leur donner des conseils au meilleur de mes expériences et de mes valeurs.

De mon côté, mon anglais n`est pas parfait, une chance que mon initiative et mon humour font une belle équipe. Je ne me rends même plus compte que je parle toute la journée en anglais, au bureau ou avec ma coloc. Il parait que je parle dans mon sommeil, et en anglais en plus! Quand je suis fatiguée, je parle les deux langues en même temps : Are you sure , if this TORCHE is very EFFICACE!! (les mots en majuscules avec mon accent québécois!!) Alors là c'est les fou rire assurés!! Mon autodérision devient très pratique dans ce genre de situation.

Je vais terminer en vous parlant brièvement de mon voyage à Ekondo Titi. Reach Out devait aller distribuer des puces à main pour des groupes de femmes dans des villages éloignés du Sud-ouest du Cameroun. Six heures dans la forêt tropicale sur des routes de boues avec des nids de poules, non des nids d'éléphant… Infernal; nausées assurées! Lorsque nous traversions les petits villages, c'était la récompense. Des enfants courraient après le camion et criaient à mon passage * WHITE MAN*, ce qui signifie ici: Tu es la bienvenue, nous sommes contents de te voir. Je sortais la tête du camion et saluais durant tout le passage au village. Les villages camerounais que j'ai vu m'ont fait réaliser à quel point la pauvreté est grande dans certaines régions éloignées des villes. Une réalité plutôt triste... Des familles qui ne vivent que pour survivre, sans électricité; des maisons en bois avec des trous à la place des fenêtres; aucunes toilettes. Je me suis sentie vraiment petite dans ma robe et surtout très privilégiée d'avoir grandi dans mon pays qui est rempli de ressources et de richesses. Pour la plupart d'entre eux, ils resteront dans ces villages jusqu'à la fin de leur vie. Les simples petits plaisirs de la vie de famille typiquement québécoise sont inaccessibles pour ces villageois. Ils ne regarderont jamais un film en famille un samedi soir pluvieux en mangeant du popcorn, Ils ne mangeront jamais de la crème molle après une partie de mini-pot; n’assisteront jamais au concert de leur artiste favori... Ces enfants n'auront jamais d`initiations scolaires, ces familles n’iront jamais se tremper les pieds dans l'océan ou jouer au *frizbee* à la plage, ou encore même plonger dans une piscine; ne se brosseront jamais les dents devant un miroir au dessus d'un lavabo… alors mes amis, ce soir en vous brossant les dents, ayez une petite pensée pour tous les petits et grands, où qu’il soient sur cette planète, qui ne vivront jamais ces moments qui sont maintenant devenu banaux pour vous, un simple geste de routine , mais qui est impossible pour bien des humains!

Passez une belle journée! Et regardez la photo!

Nala
Sous la pluie!!

jeudi 2 avril 2009

Nathalie Lavallée / Cameroun

Semaine 8-9-10
(Oui je sais, je manquais beaucoup de temps…)

Déjà la fin du mois de mars, c’est le temps des sucres, j’espère que vous en profitez pour moi!! Et la neige, vous quitte-t-elle tranquillement? Et la St-Patrick à Québec?! J’espère que vous n’avez pas été dans un autre Pub que le Galway?? Ok, je vous comprends, je n’y étais pas! Hihihi!!

Ici, la saison des pluie est vraiment commencée, pas question d’être dehors quand la pluie commence, le vent est violent et il pleut beaucoup. Heureusement, ca ne dure jamais toute la journée; c’est par périodes,. Si tu es chez un ami, tu dois attendre que la pluie arrête pour sortir dehors.

Ma vie de colocation va très bien, mis à part le fait que nous vivons, oui, dans un palace, mais la barrière se ferme à 22 hres. Nous cherchons présentement un autre appartement. Qu’arrive-t-il s’il y a le feu? Il n’y a pas de gardien pour ouvrir la porte,;ce n’est pas très sécuritaire. Mais selon le propriétaire, c’est plus que sécuritaire…

Premier bilan, la semaine 8.
J’ai passé ma journée du 7 mars à Limbe, (30 minutes de Buea) à la plage avec des amis. Une première en bikini sur le sol africain, jamais je ne l’aurais cru; je ne peux même pas porter de jupe!! hihihi!! C’était complètement magique, la plage est aussi belle que dans le Maine, à l’exception que la température de l’eau doit être environ de 90 à 95 degré Farenheit et qu’il n’y avait pas de québécois à chaque pouce carré. C’était vraiment formidable; les vagues sont immenses, mais il faut être très prudent ,car elles sont hyper forte, au point où nous avions de la difficulté à nous tenir debout!

Ensuite, le lendemain, dimanche 8 mars, c’était la Journée internationale de la Femme. C’était une première pour moi. Dans notre culture au Québec, cette journée a toujours été pour moi une journée comme les autres, sans célébration. Mais ,ici ,au Cameroun, c’est différent. C’est une journée très spéciale et importante. Presque toutes les femmes portent une robe avec le tissu imprimé de la journée internationale de la femme. Même moi, je me suis fait faire une robe pour l’occasion. Mais quelle horreur!! J’avais dessiné à la couturière le style que je voulais et elle a fait tout le contraire! Ma robe ajustée est devenue une robe de maternité… Je crois qu’elle m’en voulait, car je suis allé chercher ma robe 2 hres avant la parade et je devais porter cette robe, car toutes les filles du bureau devaient porter une robe. Finalement, je l’ai pris en riant et j’ai passé une belle journée, malgré le fait que la parade devait commencer a 11:00 et qu’elle a  finalement commencé a 14 :00. Quoique maintenant, je suis habituée aux retards… Ça fait partie de la culture camerounaise.

Ensuite, durant ma semaine 8, j’ai visité 2 écoles différentes, une primaire et l’autre de niveau secondaire, et ce, pour faire la présentation de mon projet (mes ateliers de prévention sur le VIH/SIDA en français) et prendre les inscriptions. À ma grande surprise, presque tous les étudiants voulaient y participer. C’est ce qui une bonne nouvelle; ca signifie que les étudiants veulent encore entendre parler de prévention, même s’ils en entendent parler tous les jours.
Je sais que ma couleur y est pour quelque chose, mais ca me fais rien, si je peux utiliser ma couleur pour pouvoir faire de la prévention, tant mieux! Mon objectif, c’est que les étudiants apprennent à faire la distinction entre le VIH et le SIDA , qu'ils omprennent les moyens de transmission et  de répondre aux questions sur le VIH/SIDA. Ce n'est pas très compliqué; c’est toujours les mêmes questions qui reviennent et je peux très bien y répondre de façon à ce que les enfants comprennent. Moi je suis très visuelle, et les enfants adorent les images, alors j’utilise des images et des histoires pour bien expliquer.

Durant la fin de semaine, j’ai eu une rencontre avec ACWW (the Associated Country Women of the World) En bref, c’est un ONG international qui compte plus de 7 millions de membres à travers le monde. Avec Reach Out (mon bureau) nous aidons à la préparation de cette grande conférence et la conférence (de 2 jours) qui réunit les régions de l’est, de l’ouest et du centre de l’Afrique. La présidente d’ACWW de Buea m’a mise en charge complète de la décoration de la salle. OUUFF, avec une semaine de préparation, un budget et moins de 25 $ et peu de ressources, je dois faire un miracle. J’ai pris cette responsabilité comme un défi à relever. C’e n'est pas évident, il n’y a pas de magasins ici, et encore moins de dollorama, alors je dois courir pour trouver du matériel et créer… mon imagination devient mon outil essentiel!

Deuxième bilan, la semaine 9.
La fameuse visite de notre sainteté le Pape (à Yaoundé, 6hrs de Buea). Inutile de vous dire qu’il est devenu la honte de l’Afrique et que je ne veux pas perdre mon temps et mon encre pour ce ?%$$/. Disons qu’en bref, en une phrase, il a détruit des années de travail et de prévention. Depuis, je dois dire durant mes préventions à quel point le condom peut sauver la vie de ton frère ou de ta meilleure amie. Je promouvois le port du condom plus que jamais, et ce, en expliquant pourquoi, bien évidemment!

Durant la semaine, j’ai visité une troisième école pour présenter mon projet et j’ai commencé mon atelier avec une école primaire dans deux groupes différents. C’était, en tout honnêteté, une réussite sur toute la ligne. Mes groupes étaient des amours, respectueux, participatifs, passifs... Et ma présentation s’est très bien passé. Les étudiants avaient des étoiles dans les yeux quand j’expliquais comment le VIH se transforme en SIDA dans ton corps. Je faisais une comparaison entre notre système immunitaire et des petits guerriers,  et de cette façon, ils ont compris l’impact du virus dans notre corps qui se transforme en maladie. De plus, j’ai pu répondre à toutes les questions des étudiants, cela signifiant que j’étais bien préparée!! Je suis vraiment contente! Statistiquement parlant, sur 30 étudiants, j’ai probablement sauvé la vie de 10 d’entre eux, directement ou indirectement. Une heure de mon temps peux sauver des vies, je suis contente que mon stage me donne cette opportunité...

Mis à part mes ateliers, j’ai du consacrer tout le reste de mon temps pour la préparation de la décoration de la conférence. Ce week-end, c’est l’installation de la salle pour la conférence de lundi et mardi. J’ai aussi commencé l’organisation du "surprise party" d’Awa pour ses 28 ans.

Troisième bilan, la semaine 10.
Ma semaine sera aussi chargée que les deux précédentes. Il y a la conférence lundi et mardi, ensuite, j’ai mes ateliers avec trois différents groupes dans trois écoles différentes. Il y aussi la finalisation du "Surprise" pour Awa,  mais c’est très compliqué ici, car tu ne peux pas inviter tous les amis au resto comme au Québec, où tu te rejoins et la logistique demeure facile. Ici, c’est différent. Premièrement, il n’y a pas vraiment de restos. Deuxièmement, dans la culture camerounaise, si tu invites, tu dois payer pour tous le monde!! Alors j’ai pris une entente avec un ami qui possède une maison, et donc, je ferai une soirée cocktail pour 20 à 25 personnes. Il me reste donc à cuisiner des gâteaux avec Lucie, la propriétaire de la maison.
J’ai besoin d’un cours 101 de cuisine camerounaise, car ici, les maisons n’ont pas de four; tout est cuit sur feu avec une grande marmite.

Je dois aussi préparer, durant mes temps libres, un nouvel atelier, car les étudiants veulent me revoir, mais avec une autre activité sur le VIH/SIDA! Je suis dans le jus, mais je me sens en vie plus que jamais. Je sens que mon temps et ma personnalité peuvent avoir un impact positif sur la communauté. Je me sens tellement à ma place et à l’aise dans ma vie quotidienne, que j’ai l’impression de toujours grandir ici. Je ne voudrais plus partir, mais je dois revenir au Québec pour terminer mon BACC et, par la suite, revenir en force pour pouvoir ouvrir mon orphelinat! Je vais me battre pourmener à terme ce projet!! J’ai déjà une tonne de contacts ici, à Buea. Je dois seulement acquérir un grand nombre de connaissances et de ressources financières, mais je suis très confiante: la vie m’aidera a rencontrer des gens formidables qui m’aideront à la naissance de ce projet, que ce soit par des encouragements, par leur temps ou de leur support financier.

Sur ce, je vous souhaite une belle semaine et j’attends de vos nouvelles!!

Nala