Bonjour à tous,
Comment allez-vous? J’espère que la dernière chute de neige ne vous a pas trop découragé et que vous en avez plutôt profité! En tout cas, si un jour vous avez froid, profitez-en pour moi! Haha! Je pense que je n’ai jamais eu aussi chaud de toute ma vie. Je n’ai aucune notion de comparaison et je n’ai aucune idée de la température, mais juste le soir où je suis arrivée à l’aéroport, c’était la nuit et il faisait 31 degrés Celsius… donc on imagine ce que ça peut être le jour! Et avec une humidité!
Mais… j’adore l’Afrique, tout simplement! Je dis Afrique et non Togo car pour le moment, je n’ai que participé à ma conférence AIESEC qui regroupait des gens de partout en Afrique, et j’ai particulièrement connecté avec les Nigériens et les Ivoiriens… Mais j’aime énormément le Togo aussi, je n’ai juste pas encore eu le temps de le connaître suffisamment.
Je m’excuse énormément de ne pas avoir donné de nouvelles plus rapidement, mais l’internet wifi ne semble pas exister et pendant tout le temps de la conférence, le café internet voisin de l’hôtel n’avait pas de connexion. Alors me voici maintenant de retour à Lomé depuis 2 jours et je vous écris mon tout premier mail. Ça risque d’être un roman (désolée!!!), mais je ne serai pas en mesure d’en écrire avant un petit bout de temps car je quitte demain pour Soutouboua, où je réaliserai mon stage. Je n’aurai pas d’accès à Internet là-bas donc je devrai attendre de revenir à Lomé dans quelques semaines pour vous réécrire.
Alors… l’Afrique! Je ne sais pas par où commencer. J’adore tout simplement, je me sens presque chez moi! Mais je n’ai jamais eu l’air autant malade sur des photos avec mon teint hivernal pas du tout bronzé. Surtout avec mon flash de caméra trop intense! À côté des africains, j’ai l’air de « glower in the dark! » Mais bon, selon le cycle du choc culturel, j’imagine que je me situe encore dans la phase lune de miel, je suis prête pour la suite!
Alors voici un peu ce que j’ai vécu depuis mon arrivée :
23 mars 2010, 22h30, j’atterris enfin en sol togolais après pas loin de 24h de voyage, un trop longue escale à Amsterdam où j’ai réussi à perdre mon livre sur le Togo, une trop courte escale stressante au Ghana où je devais changer de compagnie aérienne et où le monsieur qui m’aidait voulait que je lui donne un cadeau mais que je n’avais aucune devise locale, bref, après n’avoir pas dormi depuis environ 33h! Personne à l’aéroport pour m’attendre. Je panique. Ça se voit dans ma face. Tout le monde me propose de m’aider pour « un cadeau »… Tous les numéros de téléphone de mes contacts sont sur mon ordi et la batterie ne fonctionne pas. Je réussis à me brancher, à trouver le no, à appeler, pas de réponse… Mais finalement après une vingtaine de minute de panique, mon contact arrive! On attend environ 1h après les camerounais qui arrivent pour la conférence (nous n’avons évidemment par leur no de vol, donc on attend sans ne rien savoir). Vers minuit (j’ai tellement chaud avec mes gros jeans), on finit par quitter l’aéroport et ils me conduisent au campus universitaire où je vais passer la première nuit. Ce sont des résidences très différentes des nôtres. Douches et toilettes africaines communes, ça va. Chambres presque communes, ce n’est séparé que par des rideaux et tout le monde se promène d’une chambre à l’autre et puisque c’est leur semaine de relâche, ça crie partout, tout le monde se promène et semble trouver ça très drôle de me voir débarquer comme ça. Mais je suis tellement fatiguée, que je m’en fout! Finalement, après avoir pris une douche, avoir dépaqueté mes bagages, on finit par entrer dans notre chambre pour me dire que j’allais à l’hôtel avec les facis de la conférence (ceux qui donnent les formations lors de mon séminaire) … ok??? Il faut faire vite, alors on refait mes bagages tout croche et je m’en vais à l’hôtel! Bon rendu là, je finis par pouvoir dormir dans la chambre où les facis sont en réunion, mais je suis tellement fatiguée. Les effets de ma douche ont évidemment disparu depuis très longtemps, et je finis par dormir vers 2h30 AM!!!
Sinon à partir des jours suivants, ça l’a été la conférence. Complètement génial. Pour les copains d’AIESEC, vous pouvez bien comprendre le passage qui s’en vient. Ce fut probablement une de mes meilleures conférences. Toutes mes attentes ont été comblées. Pour les Africains, l’AIESEC est une opportunité incroyable qui a le pouvoir de faire changer beaucoup de chose. La passion et la volonté sont donc tellement présentes chez ces AIESECers. Ce sont les futurs leaders de leur pays et on vraiment la volonté de faire avancer les choses. L’énergie est incroyable aussi. Je n’ai jamais été capable de me rappeler de leur milliard de cheers et de roll call, mais je vais assurément essayer d’en rapporter au Canada. J’ai tellement connecté avec les délégués de tout partout, ce fut presque trop facile. J’ai aussi été beaucoup touché par toutes les discussions à propos de la situation africaine avec une perception pas mal 100% africaine!
La conférence s’est terminée et comme vous me connaissez, j’ai évidemment pleuré « un peu ». Je me suis faite un ami nigérien vraiment très proche que je ne peux pas concevoir que je reverrai peut-être jamais. J’ai aussi rencontré des amis en communs avec plusieurs d’entre vous… haha! C’est fout comme le monde AIESEC est petit.
@ Jean-Michel : Les AIESECers du Togo te disent bonjour
@ Tobi, Geneviève, Audrey : Les Ivoiriens vous saluent. C’était trop drôle quand j’ai aperçu Alex portant le t-shirt des Canadiens de Montréal, je ne comprenais rien jusqu’à ce que je réalise que c’était UQAM. Puis le jour suivant, il portait le chandail de l’Université Laval.
@ Tobi : il y a d’autres personnes que t’as rencontré au Bénin qui te saluent. Je ne me souviens plus bien les noms, mais photos à l’appui lorsque je reviens.
@ Noémie : Vish te salue et on a pris une magnifique photo spécifiquement pour toi!!!
Et je suis de retour à Lomé depuis mardi soir. Je devais partir avec ma famille d’accueil, mais je suis finalement restée 1 nuit avec les facis. Avec 3 amis, on a décidé d’aller visiter les délégués qui n’étaient pas au même hôtel et on s’y est rendu avec des taxis-moto. On est embarqué 2 par moto et une chance mon dieu car les 2 motos, à tour de rôle, on fait une panne. Si jamais j’avais été seule sur ma moto, j’aurais eu la peur de ma vie. Mais j’avais un africain pour me protéger! Les chauffeurs de moto ne savaient vraiment pas où aller, ils nous ont mené à 3 différents hôtels (pas les bons) avant de faire une panne. Situation = 3 africains anglophones, 1 blanche francophone avec 2 chauffeurs comprenant à peine le français, 2 motos scraps, au milieu de nulle part. Les chauffeurs essaient de me faire comprendre qu’on peut marcher jusqu'à l’hôtel, que ce n’est pas loin, mes amis ne comprennent rien, ils sont assis au milieu de la rue et rient, alors je dis aux chauffeurs qu’ils doivent marcher avec nous jusqu’à l’hôtel avant qu’on leur donne leur argent… haha! Finalement on a fini par se rendre, mais quand on a réalisé à quel point la route était courte lors du retour… haha! C’était ridicule.
Mercredi, on a pris ça relax. Première vraie journée de repos depuis la fin de la conférence. Petit dîner dans une cafétéria, fin PM à la plage où les vagues sont tout simplement immenses. On ne peut pas se baigner, mais juste se tremper les pieds, c’est génial. En quittant la plage, voici le topo de notre groupe : 2 togolais (une chance!!!), 1 canadienne, 1 polonaise, 1 mexicaine, 1 américain, 1 allemande, 2 kenyans, quelques nigériens, 1 Ivoiriens, 1 ougandais… Disons que c’est un groupe qui se fait remarquer par à peu près tout le monde, y compris la police militaire assez corrompue. On s’est donc fait arrêté et on a attendu sagement pendant presqu’1 heure jusqu’à le président du comité national d’AIESEC Togo arrive, en veston cravate, pour nous secourir.
En rentrant de la plage, j’ai fait mes adieux déchirants à quelques personnes que je reverrai plus et j’ai quitté pour aller habiter dans ma famille. Famille??? J’habite seule dans ce que je ne sais pas trop si je décris comme maison ou appartement. Disons que c’est comme un petit triplex… haha! Les voisines sont comme ma famille, c’est elles qui m’ont réveillée ce matin en me chantant une chanson togolaise qui dit « Amélieéé, Améliaaa, Amélie… etc. », puis qui m’ont aidé à faire mon lavage, etc. C’est bizarre un peu, mais de toute façon, c’est temporaire car je quitte dès demain pour Soutouboua où je vais commencer à travailler pour l’ONG. Péripéties de la journée de jeudi assez nulles, mise à part que j’ai acheté des avocats pour déjeuner en pensant que c’était des mangues et que j’ai mangé un burger pour souper, et ils avaient mis des frites à l’intérieur... Haha! C’était délicieux!
Alors c’en est fini pour mon roman! Je vais essayer d’être plus brève à l’avenir, mais on dirait que je voudrais tout vous raconter ce que je vois, ce que je sens, ce que j’entends. Honnêtement, l’Afrique ça se vit. J’ai eu beau l’étudier dans mes cours, en entendre parler par des gens qui y sont allés, par des gens originaires d’ici, ou peu importe… Je n’avais vraiment aucune idée de ce qui m’attendait. Ce n’est pas que c’est différent que ce que je m’attendais, mais ça se vit, c’est tout!
La partie AIESEC de mon périple est terminée, maintenant je me lance dans mon projet à 100%. Je suis excitée de partir pour Soutouboua, mais un peu triste de quitter Lomé que je n’ai à peine visitée. Mes prochaines nouvelles peuvent être dans 1 semaine, comme dans 1 mois, je ne sais pas quand je reviendrai.
Si vous voulez me donner des news, je vous laisse mon # de cellulaire togolais : +228 769 7148. C’est vraiment juste si vous avez vraiment envie de me parler car ça risque de vous coûter une fortune. Je pense que par skype c’est quelque chose comme 0,50$ la minute. Mais moi c’est gratuit de recevoir des appels, donc c’est à vous de voir.
Je pense à vous très fort et je vous envois de la chaleur et des bisous du Togo…
Amé xxxxxxxxxxxxxxxx