samedi 8 mai 2010
Amélie St-Amant / Togo
Comment allez-vous? J’espère que dame nature ne vous joue pas encore de mauvais tour et que le printemps est bien installé. Ici, la vie suit son cours et la routine s’installe. Le Togo continue de me surprendre un peu tous les jours, mais je m’y habitue de plus en plus. Je réagis moins aux enfants qui m’appellent et me suivent partout, je marche en saluant tous les gens, sans toutefois prendre la peine de m’arrêter à chaque fois que quelqu’un dit quelque chose sur mon passage, je m’habitue aux animaux divers errant dans les rues, soit chèvres, porcs, poules, dindes, parfois teints en rose fluo pour faciliter l’identification, je suis rendue une experte en extermination de coquerelles (record : 7 meurtres dans ma chambre vendredi soir… j’en ai encore des frissons), les lézards ont remplacé les écureuils dans ma réalité, la saisons des pluies arrive tranquillement, il pleut comme pendant le mois de juillet au Québec, je comprends un peu le Cabié (je sais du moins saluer et je comprends quand les gens parlent de moi… sans toutefois comprendre ce qu’ils disent), même si je n’apprécie pas toutes les façons de travailler, je m’y suis conformée, bref, je deviens Africaine petit à petit. Haha! C’est ce que me dit ma maman ici! Elle dit que les gens m’aiment car je ne suis pas compliquée… on va prendre ça comme un compliment!
Mon chef continue de dire que je dois revenir travailler pour lui l’année prochaine, qu’il peut essayer de me négocier ça à mi-temps avec un poste sur l’équipe nationale d’AIESEC Togo… haha! Je présume que mes maladresses et les conflits professionnels entre nous ne l’affectent pas autant que moi. Il est justement de retour depuis vendredi et nous n’avons pas vraiment rediscuté du conflit d’il y a 2 semaines. Il n’a toujours pas lu mes mails. Va-t-il m’en reparler après? À suivre… Mais il y a des problèmes de communication flagrants entre nous. On s’est encore disputé hier soir à cause d’un malentendu. Ce sont des choses banales, mais il va falloir régler ça à un moment donné, car c’est vraiment pénible…
Sinon, quoi de neuf depuis le dernier mail?
- La veille de ma fête, j’ai célébré avec ma famille en apportant du vin que j’ai partagé avec mes petites sœurs de 1 et 4 ans (très normal ici) et en cuisinant des crêpes avec sirop d’érable… délice canadien que j’ai surnommé « la pâte canadienne ». Le principe était le même car c’était une pâte qu’on a mangé avec les mains en trempant dans une sauce (sirop). Mais pas de chants de fête, ni de gâteaux… haha!
- Pour le week-end de ma fête, j’ai visité la stagiaire allemande dans son village. Un peu trop de route pour ma durée là-bas. 5h-6h de taxi-bus (avec les moments d’attente, de panne, d’arrêt, etc.) samedi matin très tôt, accueil génial des 2 allemands qui me chantent bonne fête, même un petit cadeau de fête de leur part, une grosse averse qui nous cloître à l’intérieur quelques heures, une promenade en montagne où la voiture tombe en panne, une bonne bière dans un bar et un souper arrosé de vin/sangria avec les collègues togolais. Mais tous très fatigués, on se couche tôt. Le lendemain, l’allemand décide d’être malade afin de visiter l’hôpital américain de Tchiko, donc on cancelle le programme touristique. Et mon estomac aussi décide d’être malade alors je précipite mon retour à Sotouboua. Route plutôt pénible pour ma turista togolaise!
- Ma santé a eu des up and down toute la semaine. Apothéose pendant le week-end dernier. Je n’ai rien fait et j’ai dormi. Maintenant ça va un peu mieux mais la fatigue m’assaillit. C’est probablement dû au fait que j’ai eu beaucoup de travail la semaine dernière étant donné que c’était la semaine de sensibilisation sur les IST/VIH-SIDA sur laquelle je travaille depuis le début de mon stage. Donc, 3 journées de sensibilisation dans les écoles, 3 émissions de radio dans mes pauses de dîner et la fameuse journée apothéose du 30 avril. Mon corps a quand même eu la bonne idée d’attendre la fin du rush avant de tomber malade!
- Grosse semaine de fêtes et de défilés. Mardi le 27 avril c’était l’anniversaire des 50 ans d’indépendance du Togo. Donc un défilé de plus de 3h a eu lieu à Sotouboua. Un peu divertissant, mais la parade du carnaval de Québec n’a rien à lui envier. Bon, c’était tous les établissements scolaires et regroupements possibles et inimaginables qui défilaient. Il n’y avait aucune disposition particulière ou chorégraphies. Ils ne faisaient que défiler. Et la longueur du défilé était si courte que pendant la moitié du parcours, il y avait des bénévoles qui plaçaient les gens, et une fois bien placés, ils ne leur restaient que 100 mètres à défiler, soit les 100 mètres devant le maire, préfet et autres invités importants. Bref, mis à part eux, il était plutôt impossible d’avoir une belle vue du défilé car on ne voyait que des gens occupés à placer les gens qui défilent! Haha! Et samedi le 1er mai, c’était la fête du travail. Là c’était tous les travailleurs qui défilaient, mais dû à ma turista togolaise, je n’y ai pas assisté. La fête du travail est énormément célébrée ici car c’est pour eux une fierté d’avoir un bon emploi, d’avoir une appartenance à un groupe. Alors c’est un devoir pour les employeurs d’organiser une fête et de donner un t-shirt à ses employés. Moi-même j’ai eu droit à un t-shirt SADIL – Togo avec « 1er mai 2010 » écrit dans le dos.
- J’ai eu la visite des 2 stagiaires allemands dimanche. Ils étaient allés dans le Nord du pays pour le week-end et redescendaient vers Lomé et sont arrêtés quelques heures à Sotouboua pour manger de délicieuses crêpes canadiennes. Ils ont bien apprécié ma vie ici. En fait, je crois qu’ils enviaient mon confort, car oui… je suis très bien installée. Même s’il y a des coquerelles dans ma chambre, j’ai quand même une grande cour clôturée avec puits, manguier et arbre d’acajou, une petite cuisine où je peux jouer à la maman africaine, une grande chambre et une salle de bain dans ma chambre. Bon, je dois puiser l’eau pour la toilette et pour me laver, mais quand même… c’est du luxe ici!
Et pour ce qui est du travail, j’ai terminé la première partie, soit celle de mon projet des clubs Anti – SIDA. Je suis maintenant dans la période d’évaluation et de rapports. C’est plutôt relax cette semaine. Je suis satisfaite des résultats dans l’ensemble. Les clubs ont bien travaillé, les séances de sensibilisation dans les établissements ont été des succès, mais je ne suis pas trop trop satisfaite de mon évènement du 30 avril. Tout était réglé au quart de tour et j’aurais voulu que ce soit parfait, mais j’ai eu droit à tous les imprévus possibles. L’évènement avait lieu à l’extérieur donc le défi était évidemment la météo. J’espérais un temps nuageux, sans soleil ni pluie… mais imaginez-vous donc qu’on a eu droit à pluie et soleil en même temps. Demandez moi pas comment c’est physiquement possible, mais c’est arrivé! Haha! De plus, le médecin qu’on avait invité pour donner une conférence a été en retard, a parlé au téléphone alors qu’il avait le micro devant lui et a été très endormant. Plusieurs retards et problèmes de logistique aussi… mais bon, je crois que comme 1er évènement public de l’ONG, ce n’est pas trop mal! Mais vous me connaissez, je suis bonne pour me critiquer!
Maintenant, la semaine prochaine je vais commencer à aller travailler dans les villages pour visiter les enfants que l’on parraine au niveau de l’éducation. Ça va être très différent et j’ai bien hâte d’être confrontée à la vie des villages qui risque d’être plus difficile que celle de Sotouboua. Un nouveau défi en perspective!
Amé
Geneviève Stauffer / Chili
Mon stage à Valdivia, au Chili
Avec la FUCREHU
Mars à mai 2010
Barbecue au bord de la mer ! Le 13 mars 2010.
Avec Karen, la Présidente d’AIESEC-Valdivia, et Natalia, l’autre fille en stage ici, nous sommes allées à Niebla, au bord de l’océan pacifique, pour fête l’anniversaire d’un des amis de Karen, Luis. Nous avons été accueillies par la famille de Luis qui chantaient des chansons chiliennes ! On nous a servi de la viande cuite au barbecue et nous avons été faire un tour sur la plage. La vue était magnifique! Le sable ici est noir et on a trouvé des cochayuyo, des algues comestibles…
Première semaine de travail ! Du 15 au 19 mars 2010.
Mes premiers jours de travail ont été quand même bien remplis ! En effet, Marcela, la directrice du secteur Éducation de la fondation, voulait mon aide afin de mettre sur pied les cours d’anglais du programme. Nous avons donc vu ensemble de quoi nous allions parler et de comment nous allions procéder pour enseigner la matière. Les cours sont donnés le soir afin de permettre aux gens qui travaillent d’y assister. Chaque groupe, 2ième et 3ième secondaire ou 4ième et 5ième secondaire, n’ont que deux soirs de cours par semaine.
Le premier groupe d’adultes terminent leurs 2ième et 3ième secondaires. N’ayant à peu près pas fait d’anglais avant de reprendre leurs études, leur niveau d’anglais est plutôt basique. Nous avons décidé de parler des aliments et de ce qu’il faut dire pour commander de quoi manger dans un restaurant. Je me suis donc amusée à chercher des images de nourriture sur internet, images que j’ai ensuite imprimées et découpées. J’ai écris sur des morceaux de papiers les termes correspondant aux images. Le soir de mon premier cours, vu que nous allions parler de nourriture, j’ai décidé d’amener une boîte de biscuits « Distinction » (ses biscuits en forme de feuilles d’érable) afin de leur faire connaître le sirop d’érable ! J’ai adoré mon premier cours ! Les élèves, bien que peu nombreux, étaient tous très sympas et plein de bonne humeur ! L’ambiance dans la classe est très relax. J’ai vite compris pourquoi on m’a demandé de faire une recherche pour comprendre le haut taux d’absentéisme en cours… En effet, sur 40 étudiants, seul 5 sont venus en cours… Nous avons joué de toutes sorte de manière avec les images et les mots pour qu’ils apprennent le vocabulaire, après quoi, ils ont du écrire un dialogue entre un client et une serveuse dans un restaurant.
Le lendemain, j’ai accompagné une future professeure du primaire, Léonor, à Paillaco, une petite ville située à 45min de Valdivia. Elle a en effet pour tâche de trouver de nouveaux élèves pour les cours de niveau primaire qu’elle va donner dans cette petite ville. Nous avons surtout été rendre visite à un certain nombre de personnes afin que ces derniers nous donnent leur diplôme scolaire ou encore pour qu’ils signent des documents. J’ai alors eu la chance de voir dans quelles conditions les élèves de ces cours vivent… Les maisons sont relativement petite, toute en bois et recouvertes de taule ou de larges morceaux de métal afin de protéger le bois de la pluie (il pleut 300 jours par an ici à Valdivia….). À l’intérieur, le seul moyen de chauffage est généralement une cuisinière à bois ou encore un poêle. Une des élèves que nous avons visité ne se souvenait plus comment écrire son nom…
Le reste de la semaine, je l’ai passée à préparer les cours d’anglais avec Marcela. J’ai préparé un powerpoint pour présenter le vocabulaire concernant la nouvelle technologie et inventer d’autres jeux. J’ai adoré aider la professeure durant ses cours ! J’ai choisi de me spécialiser en alphabétisation des adultes et cette première semaine confirme que cette voie est faire pour moi!
Corral. Samedi 20 mars 2010.
Ce samedi là, j’ai accompagné Pamela à Corral, une petite ville située au bord de la mer, juste en face de Niebla. Pour y aller, il faut prendre un petit bateau car il faut traverser le fleuve Valdivia. Malheureusement, la pluie ne me permit pas d’admirer le paysage…
La stratégie de Pamela, une assistance sociale, avait été d’informer les gens sur notre venue et d’inviter les intéressés à venir s’inscrire ce samedi là au collège de la ville. Notre tâche fut facilitée par l’aide d’une employée de la municipalité qui a diffusé l’information. De plus, Pamela avait avec elle une liste des personnes inscrites à un autre programme social, le programme « Puente », lequel intervient dans sept facettes différentes des personnes en situation de vulnérabilité. Elle avait donc invité ses personnes à terminer leurs études. Nous sommes arrivées toutes les deux sous la pluie pour nous retrouver face à une marre de gens nous attendant ! Inscrire les gens ce jour-là ne fut pas très compliqué, sauf pour moi qui ne savais pas trop comment remplir les documents…
Pamela et moi avons ensuite reprit le bateau pour traverser vers Niebla où nous devions rejoindre Marcela et Carmen, la Directrice de la fondation, pour le dîner. Elles m’ont emmenée vers une sorte de foire folklorique. Comme nous étions samedi, la plupart des stands étaient fermés mais nous avons quand même pu écouter de la « cueca », musique accompagnant la danse nationale et manger un pullmay ! Ce plat est un peu spécial… Il s’agit d’un filet en plastique à l’intérieur duquel se trouvent des moules et autres coquillage, une pomme de terre, un morceau de poulet et un morceau de porc. Le filet est trempé en entier dans du bouillon afin de permettre au tout de cuire. Après quoi, on te sert le filet entier dans une assiette et le bouillon à boire dans un verre à part ! Mais je ne peux pas dire que le goût soit mauvais.
Deuxième semaine de travail. Du 22 au 26 mars 2010.
Cette deuxième semaine fut relativement calme. J’ai en effet continué à aider Marcela avec les cours d’anglais et également parlé, avec Carmen, des points sur lesquelles elle souhaite que je centre ma recherche. Vu le haut taux d’absentéisme au cours, Carmen souhaite que j’interviewe les élèves afin de comprendre ce qui se passe. J’ai également eu la chance de retourner une après-midi à Corral pour continuer les inscriptions des gens intéressés.
Le programme « Chile Califica » offre aux gens de terminer deux années du secondaire en cinq mois. Ce programme étant fait pour les adultes qui travaillent, les horaires sont normalement de soir ou de fin de semaine. Dans le cas de Corral, compte tenu du fait que cette ville est un peu éloignée de Valdivia, les cours se feront le samedi matin de 9h à 13h. A Valdivia, en revanche, les cours se donnent le soir.
Un examen très très stressant ! Samedi 27 et dimanche 28 mars 2010.
Enfin, voici l’examen que tous attendait et redoutait ! L’examen qui permettra à certains de pouvoir aspirer à de meilleures opportunités de travail, à la possibilité d’apprendre une profession, de servir d’exemple pour leurs enfants, etc. Comme vous pouvez le constater, les raisons pour lesquelles ces adultes décident de retourner aux études sont multiples.
Cette fin de semaine là, Marcela et moi avions pour fonction d’offrir aux élèves passant l’examen une bonne tasse de café bien chaud et surtout su soutien ! L’examinatrice est arrivée, avec ses lunettes et son costume de professeure pincée, et a séparé tous les élèves qui s’étaient arrangés pour se mettre tous les uns à côté des autres… Inutile de vous spécifier pourquoi…. L’examen a commencé, les gouttes de sueur ont coulés… et le café offert à 8h30 du matin refroidissait sur les tables…
Marcela avait décidé que tous les élèves devaient passer tous les examens le même jour, le tout sans pause. Cinq examens l’un à la suite de l’autre, c’est plutôt lourd comme journée…. La pression exercée par les élèves sur eux-mêmes et le stress d’avoir tout les examens ensemble a eu ses conséquences… Une femme a couru aux toilettes pour vomir… Un couple a décidé de quitter la salle en voyant l’examen de mathématiques… Une autre à failli d’évanouir en sortant après cette dure journée…
Heureusement, un autre professeur est arrivé en milieu d’examen et a relaxé l’ambiance… Même un peu trop ! Les gens commençaient à s’entraider sous son nez, les profs aidaient les étudiants, etc. On m’a alors expliqué que ces adultes avaient déjà appris beaucoup, qu’ils avaient repris leurs études, étudié pendant plusieurs mois et que ce qu’ils avaient n’était pas toujours suffisant pour passer l’examen. Selon lui, ils avaient déjà réussi beaucoup, mais pas nécessairement dans le domaine académique.
Troisième semaine de travail. Du 29 au 31 mars.
Cette semaine, se fut une opération de sauvetage du programme ! Deux filles étaient chargées en effet de trouver quarante élèves dans la petite ville campagnarde de Máfil, mais leurs stratégies n’étaient pas tout à fait au point. Malheureusement, la date limite approchant, Carmen, Marcela et moi avons dû aller les aider. Il manquait quinze personnes à inscrire; sans ça, nous perdions absolument tous les étudiants, ceux de Máfil, mais également ceux des villes voisines. Notre stratégie :
1- Prendre contact avec la Mairesse pour qu’elle nous aide à prendre contact avec les personnes travaillant avec les personnes sans emplois
2- Aller chercher au Bureau Municipal d’Information sur le Travail (bureau où les personnes sans emplois viennent s’inscrire pour trouver du travail) la liste des personnes n’ayant pas terminé leur secondaire
3- Aller rendre visite à ses derniers chez eux pour les inviter à participer au programme
Cette stratégie fonctionna bien, nous avons trouvé en deux jours quinze élèves et sauvé le programme ! Mais il faut dire que convaincre les gens de reprendre leurs études n’est pas toujours évident. J’ai beaucoup appris en observant Carmen, une assistante sociale ayant travaillé pendant 30 ans au gouvernement. Elle a travaillé avec les Mapuche, les amérindiens de la région, sur des projets de développement rural, mais également avec les prisonniers, les femmes, etc. Son expérience est énorme et elle également très rusée et intelligente tout en ayant une grande facilité à entrer en contact avec les gens. Elle croit au bien fondé du projet et aux bénéficies que peut apporter le fait de terminer ses études. Les stratégies que j’ai apprises avec elles durant une matinée, je ne les oublierai jamais.
Fin de semaine de Pâques au bord de la mer ! Du 1er au 4 avril.
Quel bonheur d’avoir enfin quelques jours de repos ! Mon amie de Santiago, Fernanda, m’a invitée à aller passer Pâques à Maitencillo, au bord de la mer, au nord de Santiago. Je suis donc partie en bus de nuit pour Santiago. Le voyage a duré douze heures, mais le confort était relativement bon et j’ai reçu de quoi manger. Située au deuxième étage, juste devant la fenêtre d’en avant, je n’avais pas de quoi me plaindre!
Arrivée tôt le matin à Santiago, je n’ai eu que le temps de sauter dans la voiture de Fernanda et on était parties ! Nous sommes arrivées deux heures plus tard avec le soleil ! La vue sur la mer était magnifique ! Malheureusement, une bonne toux a décidé de me gâcher les vacances… J’ai donc du me restreindre à boire du thé et manger de la soupe… Mais, j’ai tout de même pu aller me promener au bord de la mer et mettre un doigt de pied dans l’eau glacé de ce début d’automne… J’ai aussi pu goûter à une « empanada » aux crevettes absolument délicieuse! J’avais amené à mon amie un lapin en chocolat de Valdivia parce ils font du très bon chocolat (sans doute à cause de l’influence allemande), mais ce dernier ne survécut pas à la fin de semaine…
Quel bonheur d’avoir enfin quelques jours de repos ! Mon amie de Santiago, Fernanda, m’a invitée à aller passer Pâques à Maitencillo, au bord de la mer, au nord de Santiago. Je suis donc partie en bus de nuit pour Santiago. Le voyage a duré douze heures, mais le confort était relativement bon et j’ai reçu de quoi manger. Située au deuxième étage, juste devant la fenêtre d’en avant, je n’avais pas de quoi me plaindre!
Arrivée tôt le matin à Santiago, je n’ai eu que le temps de sauter dans la voiture de Fernanda et on était parties ! Nous sommes arrivées deux heures plus tard avec le soleil ! La vue sur la mer était magnifique ! Malheureusement, une bonne toux a décidé de me gâcher les vacances… J’ai donc du me restreindre à boire du thé et manger de la soupe… Mais, j’ai tout de même pu aller me promener au bord de la mer et mettre un doigt de pied dans l’eau glacé de ce début d’automne… J’ai aussi pu goûter à une « empanada » aux crevettes absolument délicieuse! J’avais amené à mon amie un lapin en chocolat de Valdivia parce ils font du très bon chocolat (sans doute à cause de l’influence allemande), mais ce dernier ne survécut pas à la fin de semaine…
Amélie St-Amant / Togo
Bonjour à tous,
Déjà 1 mois… ça fait un mois aujourd’hui que je suis au Togo! C’est fou comme le temps passe vite. Mais en même temps, j’ai l’impression que ça fait une éternité que j’y suis. Bon, je sais que ça fait toujours ça! Et bon, je réalise que si je veux avoir le temps de visiter un peu, je dois m’y mettre car je n’ai pas énormément de temps.
Bon, j’ai quand même visité un peu. Le week-end dernier, je suis allée à Lomé… et je prévois aller visiter mon amie allemande à Tchiko demain. À Lomé j’ai été très occupée alors je n’ai pas eu le temps de vous envoyer de massmails.
Je devais d’abord aller à Lomé pour le travail. Donc aller retirer de l’argent pour le projet et faire des achats qui coûtent moins chers là-bas qu’à Sotouboua. Étant donné qu’on a décidé très dernière minute, soit mercredi soir, que je devais y aller, il n’y avait plus de place dans l’autobus du vendredi. J’ai donc dû prendre les taxi-bus comme tous les togolais font. Ce qui est fâchant, c’est que ce n’est pas vraiment moins cher que le vrai bus… mais ça prend 1000 x plus de temps car ils s’arrêtent partout. Alors, à quoi ça ressemble? C’est comme un 15 passagers où chaque banquette de 3 places est remplie par 4, 5, même 6 (lorsqu’il y a des enfants) personnes. Les bagages sont empilés sur le toit jusqu’à atteindre une hauteurs presque supérieure à celle du véhicule! Et le véhicule ne quitte jamais s’il n’est pas bien plein. Alors si des gens débarquent dans une ville, on peut attendre assez longtemps pour qu’il se remplisse de nouveau… Mais bon, c’est une belle expérience, plus ou moins confortable, que je risque de répéter souvent car c’est la façon la plus simple de voyager n’importe où, n’importe quand.
Sinon, Lomé… magnifique week-end! J’ai passé l’AM de samedi à courir les banques et les boutiques pour les achats pour le travail derrière la moto de mon « frère ». Le matin il a plu et le ciel était très couvert… pas de soleil, donc pas de crème solaire! Mais devinez quoi… j’ai brûlé! C’est fou comme le soleil est terrible. Autre élément drôle, j’étais entrain de me dire qu’on était très bien, qu’il faisait frais, lorsque j’ai vu un thermomètre qui indiquait 31 degrés. Haha! J’ai fini par rentrer à la maison vers 14h et je reçois des news de mes amis stagiaires allemands pour me dire qu’ils allaient visiter togoville dans 30 minutes. Nouveau départ pour une course folle car j’habite très loin du centre-ville et je finis par arriver là-bas 30 minutes en retard… Mais ils m’ont attendu. Belle petite visite touristique! Ce fut TRÈS bizarre de faire du tourisme, du vrai. On était 5 « Yovos » (avec leur 2 collègues françaises), avec un guide togolais, à prendre des photos… ça détonnait beaucoup et je ne me suis pas sentie si à l’aise. Ce qui était drôle, c’est que le Togo a d’abord été une colonie allemande, avant de devenir française après la 2e Guerre Mondiale. Alors on s’est beaucoup trop amusé à faire des photos concepts avec les allemands, françaises et togolais. Sinon, j’ai passé le reste du week-end avec les allemands, les français et un autre ami d’AIESEC Ghana qui est venu nous visiter à Lomé. Honnêtement, ça l’a fait tellement du bien d’avoir de vraies discussions. Avec les gens d’AIESEC, on dirait que je peux parler de tout, parler de mes convictions, mes valeurs, défendre mon opinion, etc. C’est pas toujours évident de faire ça à Sotouboua!
Et lundi est revenu rapidement. Je devais repartir pour Sotouboua lundi, mais j’ai eu un petit pépin avec mon chef (boss) qui m’a traité comme une incompétente à cause que j’avais pris une décision sans son accord. Sans entrer dans les détails, j’ai dû utiliser mon après-midi pour courir partout et réparer mon erreur. Ce qui m’a le plus affectée là-dedans, ça l’a été sa façon de me parler… tellement méchant! Il ne pensait pas vraiment ce qu’il a dit, il était juste vraiment fâché. Et c’est con car je n’avais pas mal agi, mais ce n’étais pas une mauvaise chose ce que j’ai fait, ce n’était juste pas ce qu’il avait prévu et je l’ai fait sans lui demander, alors il a vu ça comme une confrontation à l’autorité ou je ne sais quoi. Mais même s’il ne pensait pas ce qu’il disait, me faire crier dessus et raccrocher au nez, ça ne me plaît pas. Mais c’est une réalité ici. Les gens se parlent souvent sur un ton très agressif et personne ne semble affecté. Autant dans les relations de travail que familial. Mais bon, vous me connaissez, j’ai un peu de difficulté à prendre la critique et je suis « un peu » émotive… lol! Alors j’ai de difficulté à gérer tout ça et lundi a été une journée très difficile. Je suis donc rentrée à Sotouboua mardi matin, première heure! Mais avec l’attente de remplir le taxi-bus et les multiples arrêts, ça m’a pris 6h30, plutôt que 4h… haha!
Et maintenant, le travail continue. La grosse journée du 30 avril arrive à très grand pas et mon boss a décidé d’accepter un contrat de 2 semaines dans une autre ville, alors depuis mon retour de Lomé, c’est moi qui joue le rôle de chef de l’ONG. Nous ne sommes que 4 employés et disons que mise à part moi et le chef, les 2 autres ne sont pas l’efficacité et l’initiative incarnée. Alors j’ai gagné le poste de coordonnatrice du projet VIH/SIDA et c’est moi le chef pendant l’absence… lol! C’est beaucoup de responsabilités et je suis souvent impatiente de devoir argumenter et discuter beaucoup trop à chaque fois que j’essaie de donner des tâches à la secrétaire. J’ai rarement vu quelqu’un se pogner le cul comme ça dans la vie. Quand le chef est là, je m’en fout un peu… mais là vu que c’est moi qui lui dit quoi faire, ça me frustre qu’elle ne le fasse pas, ou ne le fasse pas bien ou vite.
Sinon, mercredi matin il y a eu une séance de sensibilisation organisée par un de mes clubs anti-SIDA devant tout leur établissement scolaire. Ils ont très bien fait ça, j’étais fière d’eux : petits exposés, questions au public, sketch et chanson. Le message a bien passé et le public a énormément embarqué, c’était superbe!
Et pour ce qui est de mon coq, je ne suis pas capable de lui donner de nom car je le trouve trop cave! Après 2 ou 3 jours, il s’est sauvé de la cour, ce qui a engendré UNE AUTRE dispute entre moi et mon chef (c’est avec lui que j’habite… je ne me souviens plus si je vous l’avais dit). On l’a retrouvé, mais bon, je crois qu’il vaudrait mieux le manger bientôt. Mais si j’avais à donner un gagnant pour mon concours, j’irais pour la rapidité et la simplicité de la suggestion de François : Rico! C’est ça le nom de mon coq je crois… même si je ne l’appelle pas par son nom. Alors bravo et merci à vos merveilleuses suggestions! Haha! Je vais peut-être faire un top 5 dans mon prochain massmail.
Et j’essaie de devenir africaine le plus possible. Ma maman me dit souvent qu’il faut me mettre du charbon tout partout. Mais malgré tous les efforts que je fais, les gens se moquent de moi. Ce n’est jamais méchamment, mais ça décourage mes efforts! Les gens rient lorsque je mange la pâte (nourriture très typique d’ici qui ne se mange pas, mais s’avale), lorsque je fais ma lessive, lorsque je transporte des trucs sur ma tête (aujourd’hui je suis allée moudre le maïs au moulin et j’ai fait rire tout le monde au passage, y compris ma mère qui me suivait et qui a rit pendant toute la route). Mais bon, j’ai quand même l’habitude que les gens se moquent de moi et je n’ai pas trop mauvais caractère, alors ça va!
Les gens sont parfois trop harcelants, surtout les enfants. J’ai souvent besoin de ma bulle et ça me fait parfois du bien d’aller chez moi, juste pour être seule. Mais depuis que les enfants de la rue savent où j’habite, ils ont développé une passion pour se coucher par terre et m’observer par la craque sous la clôture, ou de grimper dans les arbres pour me regarder par-dessus. Alors, je fais comme si je ne les voyais pas et ils peuvent rester là très très longtemps! J’ai eu des bébé moments de choc culturel. Je trouve ça souvent difficile d’être blanche et je n’aime pas la perception que les gens ont de moi! Mais je suis encore entrain de démystifier comment je me sens vis-à-vis de tout ça. J’ai énormément de hauts et de bas… souvent alimentés par les frustrations envers mon chef au travail. Je dis « au travail » car mis à part l’histoire du coq, on n’a jamais vraiment eu de chicanes hors du contexte du travail. Mais en général ça va très bien. J’ai une maman formidable qui m’écoute parler si j’en ai besoin… et j’aime toujours autant le Togo!
Bon, j’ai l’impression d’avoir écrit beaucoup trop long, sans vraiment rien dire… Je vais essayer de faire ça plus intéressant la prochaine fois.
Amé