Bonjour à tous,
Déjà 1 mois… ça fait un mois aujourd’hui que je suis au Togo! C’est fou comme le temps passe vite. Mais en même temps, j’ai l’impression que ça fait une éternité que j’y suis. Bon, je sais que ça fait toujours ça! Et bon, je réalise que si je veux avoir le temps de visiter un peu, je dois m’y mettre car je n’ai pas énormément de temps.
Bon, j’ai quand même visité un peu. Le week-end dernier, je suis allée à Lomé… et je prévois aller visiter mon amie allemande à Tchiko demain. À Lomé j’ai été très occupée alors je n’ai pas eu le temps de vous envoyer de massmails.
Je devais d’abord aller à Lomé pour le travail. Donc aller retirer de l’argent pour le projet et faire des achats qui coûtent moins chers là-bas qu’à Sotouboua. Étant donné qu’on a décidé très dernière minute, soit mercredi soir, que je devais y aller, il n’y avait plus de place dans l’autobus du vendredi. J’ai donc dû prendre les taxi-bus comme tous les togolais font. Ce qui est fâchant, c’est que ce n’est pas vraiment moins cher que le vrai bus… mais ça prend 1000 x plus de temps car ils s’arrêtent partout. Alors, à quoi ça ressemble? C’est comme un 15 passagers où chaque banquette de 3 places est remplie par 4, 5, même 6 (lorsqu’il y a des enfants) personnes. Les bagages sont empilés sur le toit jusqu’à atteindre une hauteurs presque supérieure à celle du véhicule! Et le véhicule ne quitte jamais s’il n’est pas bien plein. Alors si des gens débarquent dans une ville, on peut attendre assez longtemps pour qu’il se remplisse de nouveau… Mais bon, c’est une belle expérience, plus ou moins confortable, que je risque de répéter souvent car c’est la façon la plus simple de voyager n’importe où, n’importe quand.
Sinon, Lomé… magnifique week-end! J’ai passé l’AM de samedi à courir les banques et les boutiques pour les achats pour le travail derrière la moto de mon « frère ». Le matin il a plu et le ciel était très couvert… pas de soleil, donc pas de crème solaire! Mais devinez quoi… j’ai brûlé! C’est fou comme le soleil est terrible. Autre élément drôle, j’étais entrain de me dire qu’on était très bien, qu’il faisait frais, lorsque j’ai vu un thermomètre qui indiquait 31 degrés. Haha! J’ai fini par rentrer à la maison vers 14h et je reçois des news de mes amis stagiaires allemands pour me dire qu’ils allaient visiter togoville dans 30 minutes. Nouveau départ pour une course folle car j’habite très loin du centre-ville et je finis par arriver là-bas 30 minutes en retard… Mais ils m’ont attendu. Belle petite visite touristique! Ce fut TRÈS bizarre de faire du tourisme, du vrai. On était 5 « Yovos » (avec leur 2 collègues françaises), avec un guide togolais, à prendre des photos… ça détonnait beaucoup et je ne me suis pas sentie si à l’aise. Ce qui était drôle, c’est que le Togo a d’abord été une colonie allemande, avant de devenir française après la 2e Guerre Mondiale. Alors on s’est beaucoup trop amusé à faire des photos concepts avec les allemands, françaises et togolais. Sinon, j’ai passé le reste du week-end avec les allemands, les français et un autre ami d’AIESEC Ghana qui est venu nous visiter à Lomé. Honnêtement, ça l’a fait tellement du bien d’avoir de vraies discussions. Avec les gens d’AIESEC, on dirait que je peux parler de tout, parler de mes convictions, mes valeurs, défendre mon opinion, etc. C’est pas toujours évident de faire ça à Sotouboua!
Et lundi est revenu rapidement. Je devais repartir pour Sotouboua lundi, mais j’ai eu un petit pépin avec mon chef (boss) qui m’a traité comme une incompétente à cause que j’avais pris une décision sans son accord. Sans entrer dans les détails, j’ai dû utiliser mon après-midi pour courir partout et réparer mon erreur. Ce qui m’a le plus affectée là-dedans, ça l’a été sa façon de me parler… tellement méchant! Il ne pensait pas vraiment ce qu’il a dit, il était juste vraiment fâché. Et c’est con car je n’avais pas mal agi, mais ce n’étais pas une mauvaise chose ce que j’ai fait, ce n’était juste pas ce qu’il avait prévu et je l’ai fait sans lui demander, alors il a vu ça comme une confrontation à l’autorité ou je ne sais quoi. Mais même s’il ne pensait pas ce qu’il disait, me faire crier dessus et raccrocher au nez, ça ne me plaît pas. Mais c’est une réalité ici. Les gens se parlent souvent sur un ton très agressif et personne ne semble affecté. Autant dans les relations de travail que familial. Mais bon, vous me connaissez, j’ai un peu de difficulté à prendre la critique et je suis « un peu » émotive… lol! Alors j’ai de difficulté à gérer tout ça et lundi a été une journée très difficile. Je suis donc rentrée à Sotouboua mardi matin, première heure! Mais avec l’attente de remplir le taxi-bus et les multiples arrêts, ça m’a pris 6h30, plutôt que 4h… haha!
Et maintenant, le travail continue. La grosse journée du 30 avril arrive à très grand pas et mon boss a décidé d’accepter un contrat de 2 semaines dans une autre ville, alors depuis mon retour de Lomé, c’est moi qui joue le rôle de chef de l’ONG. Nous ne sommes que 4 employés et disons que mise à part moi et le chef, les 2 autres ne sont pas l’efficacité et l’initiative incarnée. Alors j’ai gagné le poste de coordonnatrice du projet VIH/SIDA et c’est moi le chef pendant l’absence… lol! C’est beaucoup de responsabilités et je suis souvent impatiente de devoir argumenter et discuter beaucoup trop à chaque fois que j’essaie de donner des tâches à la secrétaire. J’ai rarement vu quelqu’un se pogner le cul comme ça dans la vie. Quand le chef est là, je m’en fout un peu… mais là vu que c’est moi qui lui dit quoi faire, ça me frustre qu’elle ne le fasse pas, ou ne le fasse pas bien ou vite.
Sinon, mercredi matin il y a eu une séance de sensibilisation organisée par un de mes clubs anti-SIDA devant tout leur établissement scolaire. Ils ont très bien fait ça, j’étais fière d’eux : petits exposés, questions au public, sketch et chanson. Le message a bien passé et le public a énormément embarqué, c’était superbe!
Et pour ce qui est de mon coq, je ne suis pas capable de lui donner de nom car je le trouve trop cave! Après 2 ou 3 jours, il s’est sauvé de la cour, ce qui a engendré UNE AUTRE dispute entre moi et mon chef (c’est avec lui que j’habite… je ne me souviens plus si je vous l’avais dit). On l’a retrouvé, mais bon, je crois qu’il vaudrait mieux le manger bientôt. Mais si j’avais à donner un gagnant pour mon concours, j’irais pour la rapidité et la simplicité de la suggestion de François : Rico! C’est ça le nom de mon coq je crois… même si je ne l’appelle pas par son nom. Alors bravo et merci à vos merveilleuses suggestions! Haha! Je vais peut-être faire un top 5 dans mon prochain massmail.
Et j’essaie de devenir africaine le plus possible. Ma maman me dit souvent qu’il faut me mettre du charbon tout partout. Mais malgré tous les efforts que je fais, les gens se moquent de moi. Ce n’est jamais méchamment, mais ça décourage mes efforts! Les gens rient lorsque je mange la pâte (nourriture très typique d’ici qui ne se mange pas, mais s’avale), lorsque je fais ma lessive, lorsque je transporte des trucs sur ma tête (aujourd’hui je suis allée moudre le maïs au moulin et j’ai fait rire tout le monde au passage, y compris ma mère qui me suivait et qui a rit pendant toute la route). Mais bon, j’ai quand même l’habitude que les gens se moquent de moi et je n’ai pas trop mauvais caractère, alors ça va!
Les gens sont parfois trop harcelants, surtout les enfants. J’ai souvent besoin de ma bulle et ça me fait parfois du bien d’aller chez moi, juste pour être seule. Mais depuis que les enfants de la rue savent où j’habite, ils ont développé une passion pour se coucher par terre et m’observer par la craque sous la clôture, ou de grimper dans les arbres pour me regarder par-dessus. Alors, je fais comme si je ne les voyais pas et ils peuvent rester là très très longtemps! J’ai eu des bébé moments de choc culturel. Je trouve ça souvent difficile d’être blanche et je n’aime pas la perception que les gens ont de moi! Mais je suis encore entrain de démystifier comment je me sens vis-à-vis de tout ça. J’ai énormément de hauts et de bas… souvent alimentés par les frustrations envers mon chef au travail. Je dis « au travail » car mis à part l’histoire du coq, on n’a jamais vraiment eu de chicanes hors du contexte du travail. Mais en général ça va très bien. J’ai une maman formidable qui m’écoute parler si j’en ai besoin… et j’aime toujours autant le Togo!
Bon, j’ai l’impression d’avoir écrit beaucoup trop long, sans vraiment rien dire… Je vais essayer de faire ça plus intéressant la prochaine fois.
Amé
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