Bonjour à tous,
Comment allez-vous? J’espère que dame nature ne vous joue pas encore de mauvais tour et que le printemps est bien installé. Ici, la vie suit son cours et la routine s’installe. Le Togo continue de me surprendre un peu tous les jours, mais je m’y habitue de plus en plus. Je réagis moins aux enfants qui m’appellent et me suivent partout, je marche en saluant tous les gens, sans toutefois prendre la peine de m’arrêter à chaque fois que quelqu’un dit quelque chose sur mon passage, je m’habitue aux animaux divers errant dans les rues, soit chèvres, porcs, poules, dindes, parfois teints en rose fluo pour faciliter l’identification, je suis rendue une experte en extermination de coquerelles (record : 7 meurtres dans ma chambre vendredi soir… j’en ai encore des frissons), les lézards ont remplacé les écureuils dans ma réalité, la saisons des pluies arrive tranquillement, il pleut comme pendant le mois de juillet au Québec, je comprends un peu le Cabié (je sais du moins saluer et je comprends quand les gens parlent de moi… sans toutefois comprendre ce qu’ils disent), même si je n’apprécie pas toutes les façons de travailler, je m’y suis conformée, bref, je deviens Africaine petit à petit. Haha! C’est ce que me dit ma maman ici! Elle dit que les gens m’aiment car je ne suis pas compliquée… on va prendre ça comme un compliment!
Mon chef continue de dire que je dois revenir travailler pour lui l’année prochaine, qu’il peut essayer de me négocier ça à mi-temps avec un poste sur l’équipe nationale d’AIESEC Togo… haha! Je présume que mes maladresses et les conflits professionnels entre nous ne l’affectent pas autant que moi. Il est justement de retour depuis vendredi et nous n’avons pas vraiment rediscuté du conflit d’il y a 2 semaines. Il n’a toujours pas lu mes mails. Va-t-il m’en reparler après? À suivre… Mais il y a des problèmes de communication flagrants entre nous. On s’est encore disputé hier soir à cause d’un malentendu. Ce sont des choses banales, mais il va falloir régler ça à un moment donné, car c’est vraiment pénible…
Sinon, quoi de neuf depuis le dernier mail?
- La veille de ma fête, j’ai célébré avec ma famille en apportant du vin que j’ai partagé avec mes petites sœurs de 1 et 4 ans (très normal ici) et en cuisinant des crêpes avec sirop d’érable… délice canadien que j’ai surnommé « la pâte canadienne ». Le principe était le même car c’était une pâte qu’on a mangé avec les mains en trempant dans une sauce (sirop). Mais pas de chants de fête, ni de gâteaux… haha!
- Pour le week-end de ma fête, j’ai visité la stagiaire allemande dans son village. Un peu trop de route pour ma durée là-bas. 5h-6h de taxi-bus (avec les moments d’attente, de panne, d’arrêt, etc.) samedi matin très tôt, accueil génial des 2 allemands qui me chantent bonne fête, même un petit cadeau de fête de leur part, une grosse averse qui nous cloître à l’intérieur quelques heures, une promenade en montagne où la voiture tombe en panne, une bonne bière dans un bar et un souper arrosé de vin/sangria avec les collègues togolais. Mais tous très fatigués, on se couche tôt. Le lendemain, l’allemand décide d’être malade afin de visiter l’hôpital américain de Tchiko, donc on cancelle le programme touristique. Et mon estomac aussi décide d’être malade alors je précipite mon retour à Sotouboua. Route plutôt pénible pour ma turista togolaise!
- Ma santé a eu des up and down toute la semaine. Apothéose pendant le week-end dernier. Je n’ai rien fait et j’ai dormi. Maintenant ça va un peu mieux mais la fatigue m’assaillit. C’est probablement dû au fait que j’ai eu beaucoup de travail la semaine dernière étant donné que c’était la semaine de sensibilisation sur les IST/VIH-SIDA sur laquelle je travaille depuis le début de mon stage. Donc, 3 journées de sensibilisation dans les écoles, 3 émissions de radio dans mes pauses de dîner et la fameuse journée apothéose du 30 avril. Mon corps a quand même eu la bonne idée d’attendre la fin du rush avant de tomber malade!
- Grosse semaine de fêtes et de défilés. Mardi le 27 avril c’était l’anniversaire des 50 ans d’indépendance du Togo. Donc un défilé de plus de 3h a eu lieu à Sotouboua. Un peu divertissant, mais la parade du carnaval de Québec n’a rien à lui envier. Bon, c’était tous les établissements scolaires et regroupements possibles et inimaginables qui défilaient. Il n’y avait aucune disposition particulière ou chorégraphies. Ils ne faisaient que défiler. Et la longueur du défilé était si courte que pendant la moitié du parcours, il y avait des bénévoles qui plaçaient les gens, et une fois bien placés, ils ne leur restaient que 100 mètres à défiler, soit les 100 mètres devant le maire, préfet et autres invités importants. Bref, mis à part eux, il était plutôt impossible d’avoir une belle vue du défilé car on ne voyait que des gens occupés à placer les gens qui défilent! Haha! Et samedi le 1er mai, c’était la fête du travail. Là c’était tous les travailleurs qui défilaient, mais dû à ma turista togolaise, je n’y ai pas assisté. La fête du travail est énormément célébrée ici car c’est pour eux une fierté d’avoir un bon emploi, d’avoir une appartenance à un groupe. Alors c’est un devoir pour les employeurs d’organiser une fête et de donner un t-shirt à ses employés. Moi-même j’ai eu droit à un t-shirt SADIL – Togo avec « 1er mai 2010 » écrit dans le dos.
- J’ai eu la visite des 2 stagiaires allemands dimanche. Ils étaient allés dans le Nord du pays pour le week-end et redescendaient vers Lomé et sont arrêtés quelques heures à Sotouboua pour manger de délicieuses crêpes canadiennes. Ils ont bien apprécié ma vie ici. En fait, je crois qu’ils enviaient mon confort, car oui… je suis très bien installée. Même s’il y a des coquerelles dans ma chambre, j’ai quand même une grande cour clôturée avec puits, manguier et arbre d’acajou, une petite cuisine où je peux jouer à la maman africaine, une grande chambre et une salle de bain dans ma chambre. Bon, je dois puiser l’eau pour la toilette et pour me laver, mais quand même… c’est du luxe ici!
Et pour ce qui est du travail, j’ai terminé la première partie, soit celle de mon projet des clubs Anti – SIDA. Je suis maintenant dans la période d’évaluation et de rapports. C’est plutôt relax cette semaine. Je suis satisfaite des résultats dans l’ensemble. Les clubs ont bien travaillé, les séances de sensibilisation dans les établissements ont été des succès, mais je ne suis pas trop trop satisfaite de mon évènement du 30 avril. Tout était réglé au quart de tour et j’aurais voulu que ce soit parfait, mais j’ai eu droit à tous les imprévus possibles. L’évènement avait lieu à l’extérieur donc le défi était évidemment la météo. J’espérais un temps nuageux, sans soleil ni pluie… mais imaginez-vous donc qu’on a eu droit à pluie et soleil en même temps. Demandez moi pas comment c’est physiquement possible, mais c’est arrivé! Haha! De plus, le médecin qu’on avait invité pour donner une conférence a été en retard, a parlé au téléphone alors qu’il avait le micro devant lui et a été très endormant. Plusieurs retards et problèmes de logistique aussi… mais bon, je crois que comme 1er évènement public de l’ONG, ce n’est pas trop mal! Mais vous me connaissez, je suis bonne pour me critiquer!
Maintenant, la semaine prochaine je vais commencer à aller travailler dans les villages pour visiter les enfants que l’on parraine au niveau de l’éducation. Ça va être très différent et j’ai bien hâte d’être confrontée à la vie des villages qui risque d’être plus difficile que celle de Sotouboua. Un nouveau défi en perspective!
Amé
samedi 8 mai 2010
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